L’Érythrée souhaite redevenir exportatrice

Avec 1 200 kms de côtes donnant sur la Mer Rouge et plus de 350 îles, l'Érythrée dispose de ressources halieutiques importantes. Ce pays africain a d’ailleurs été un exportateur de poissons (des coraux et pélagiques, entiers vidés ou en filets) ainsi que de crevettes, à destination de l'Italie, de l'Allemagne, du Royaume-Uni, des Pays-Bas ou encore de la Grèce. Mais depuis 2007, le volume des exportations est tombé, selon Eurostat, à environ seulement 10 tonnes annuelles. En 2010, le gouvernement de l’Erythrée a donc fait de l’exportation des produits de la mer vers l’Europe une priorité, et ce, alors que le pays a réalisé cette dernière décennie, de lourds investissements en termes de nouvelles usines, de navires ou de sites de débarquements.

Le travail du programme SFP visant à l’« Amélioration de l’état sanitaire de la pêche dans les pays ACP et les PTOM », s’inscrit dans cette logique de reconquête des marchés. En février, son expert, M. Frank Hansen, a accompli une mission spécifique d’« Expertise en ingénierie de la réfrigération afin de donner des conseils sur les options en matière de congélation et de stockage de produits congelés en usines ». Cette mission faisait suite à celle menée par John Ryder qui avait préparé le travail en décembre 2009.

Le Ministère des ressources marines érythréen assure le rôle d’Autorité compétente, tandis que la Société nationale de la pêche anime divers sites de transformation dans le pays. Les deux principaux sont Erifish, à Massawa et Eritrean Marine Products Company (EMPC) a Asmara.

L’essentiel de la mission a porté sur le premier. Le but était d’aider ce site à optimiser ses besoins en énergie, en se concentrant spécialement sur la réhabilitation et la modernisation de la technologie de congélation. L’usine, qui avait reçu récemment du nouveau matériel, a fait l’objet d’une inspection technique minutieuse de la part de M. Frank Hansen, guidé par les techniciens locaux. Elle a permis d’identifier certains problèmes sur le matériel de refroidissement par eau, la machine à glace, le magasin de stockage ou encore le système de production de froid, et de proposer soit des solutions immédiates, soit une liste de matériel à acquérir. Ces recommandations permettront d’améliorer les systèmes existants et d’élaborer un plan d'optimisation de l'énergie.

Une visite à l’usine d’Asmara a aussi été l’opportunité pour l’expert de formuler des recommandations quant à un projet d’extension du site, sur l'achat de matériel IQF (Individual Quick Freezing) et sur l'installation de machine à glace.

Pour conclure ces visites sur le terrain, un atelier d’une journée a réuni seize membres du personnel technique des usines de la Société nationale de la pêche. L’atelier s’est concentré sur la théorie et la technologie du refroidissement, les composantes des systèmes de réfrigération mais aussi le rendement d’énergie ainsi que les aspects environnementaux.

« Dans l'ensemble le niveau de maintenance des usines est plutôt faible, indique M. Frank Hansen dans son rapport de mission. Pour deux principales raisons : il n’existe pas ou peu d’accès aux pièces de rechange car il n'y a pas de stockage de pièces en Érythrée. Ensuite, le personnel manque de formation à la maintenance des équipements ». La création d’une logistique de pièces de rechange (incluant des consommables comme l'huile du compresseur et des réfrigérants) et la mise en place de formations, figurent donc parmi ses recommandations finales.

Particulièrement intéressée par cette mission, l’Autorité compétente érythréenne a exprimé son souhait de recevoir une aide similaire pour les autres installations de la Société nationale de la pêche.