« Relever les standards sanitaires »

Interview de Gary Preston, coordinateur module 1 « Renforcement des capacités de contrôle sanitaire »

Quel est l’objectif de ce module 1 qui porte sur la qualité du contrôle sanitaire ?

C’est un peu l’objectif global de tout le projet. Depuis 2002, l’Union Européenne a mis en place des réglementations strictes sur les conditions d’hygiène des produits de la mer importés des pays tiers. Nous aidons les autorités compétentes des pays ACP, qui sont en charge de l’application de la réglementation, à établir des systèmes de contrôle sanitaire. Nous les préparons à répondre avec succès aux inspections de l’Office Alimentaire et Vétérinaire. Les résultats de ces visites sont en effet communiqués à la DG SANCO qui établit les listes de pays autorisés ou non à exporter.

Il revient aux pays expéditeurs de mettre sur pied un système gouvernemental qui propose des garanties sanitaires. Et cela est très difficile pour certains pays en voie de développement. Aux Etats-Unis, c’est aux importateurs de s’assurer de la qualité et de leur conformité aux normes des produits qu’ils font entrer sur le territoire. Le système européen est souvent perçu comme une barrière économique et non pas comme une réponse à la santé des consommateurs.

Quels moyens mettez-vous en œuvre pour remplir cette mission ?

Nous fournissons des équipements et formons les inspecteurs aux techniques et protocoles de contrôle. Chaque autorité compétente doit élaborer ses procédures internes. Le programme SFP a déjà donné lieu à la publication d’un « Manuel d’inspection ». Il réunit notamment l’ensemble de la législation européenne et des conseils pratiques de mise en oeuvre des contrôles. Mais tous les pays sont différents et notre rôle consiste en partie à l’adapter à chaque situation. Il y a une grande différence entre l’Ile Maurice, qui concentre des flottilles de thoniers senneurs, et l’Érythrée avec sa multitude de pirogues. Dans un cas, les industriels pratiquent déjà des autocontrôles. Dans l’autre, les autorités sanitaires doivent se déplacer sur une cinquantaine de points de débarquement.

Quelles est votre priorité?

Elle est de maintenir impérativement les pays habilités à exporter sur la liste. Dans un second temps, nous aidons ceux qui sont prêts à être en conformité, à l’intégrer. L’Afrique est plus proche de l’Europe et par tradition commerce plus avec elle. Mais nous travaillons aussi aux Caraïbes et dans le Pacifique. L’idée consiste à relever les standards sanitaires un peu partout où l’on nous le demande.