Interview : Vivianne FOCK TAVE, Ambassadrice de la République des Seychelles – Présidente du groupe de travail des ambassadeurs ACP sur la pêche

SFP info : En termes simples, quel est le rôle du groupe de travail des ambassadeurs ACP sur la pêche?

Vivianne FOCK TAVE : Le groupe de travail des ambassadeurs sur la pêche dans les pays Afrique-Caraïbes-Pacifique (ACP) est la branche exécutive du mécanisme ACP sur la pêche.

Le groupe de travail examine toutes les questions qui peuvent affecter le secteur de la pêche dans les pays ACP et formule des recommandations concernant des actions de suivi.

Nous avons adopté en avril 2010 un programme de travail couvrant la mise en oeuvre (et le suivi) des résolutions adoptées lors de la première réunion des ministres ACP chargés de la pêche, qui s’est tenue l’année passée au mois de juin.

SFP info : Comment fonctionne le groupe de travail dans la pratique?

Un fumage amélioré par la maîtrise des HAP’s pour permettre l’exportation sur le marché EU

Fumer du poisson est une méthode ancestrale de préservation. Mais les réglementations européennes imposent aux produits exportés vers l’Europe une grande maîtrise des contaminants chimiques générés par le fumage à chaud. Madame Oumoulkhairy Ndiaye a assure entre juillet et septembre, au Togo puis en Côte d’Ivoire, des « missions de formation et d’aide technique aux responsables des ateliers de fumage de poisson en vue de l’exportation de leurs produits ».

« Les problèmes des substances déposées pendant le processus de fumage sont une constante dans ces pays », déclare-t-elle depuis le Centre national de formation des pêches où elle exerce à Dakar (Sénégal). « L’état actuel des modes de fumage favorise la formation des dépôts de particules toxiques provenant de la fumée sur les produits, notamment des niveaux élevés de contamination en Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP). Or, la législation communautaire fixe des teneurs maximales en benzopyrène de 5,0 μg/kg dans la chair de poisson fumé ».

Pour une pêche durable

Améliorer la gestion de la pêche dans les pays ACP afin d’assurer que les ressources halieutiques de ces pays soient exploitées d’une manière durable : c’est l’objectif du Programme ACP Fish II. Lancé en juin 2009 pour une durée de cinq années, il est financé par le 9e Fonds Européen de Développement à la hauteur de 30 millions d’euros. À l’origine, il est un constat amer : celui de l’échec de la gouvernance de la pêche à l’échelle mondiale, qui constitue un facteur d’appauvrissement des ressources naturelles et des communautés humaines en dépendant directement. Alors que des millions de personnes dans les pays ACP sont tributaires de la pêche de subsistance, la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (pêche INN) s’est développée en réduisant les recettes économiques tirées des activités légales.

L’EFSA a publié son rapport annuel 2009

Fondée en 2002 en réponse aux crises alimentaires successives (vache folle, dioxine…), l’EFSA (European Food Safety Authority) joue un rôle essentiel dans le domaine de la sécurité des aliments et de l’évaluation des risques. L’Autorité renforce chaque année son soutien à ses partenaires chargés de la gestion des risques au sein de la Commission européenne, du Parlement européen et des États membres, qui s’appuient sur ses conseils. En 2009, le nombre de demandes d’avis est passé d’environ inversé 317 contre 285 en 2008. En conséquence, 636 productions scientifiques ont été émises, soit 30 % de plus par rapport à 2008.

L’expertise de l’EFSA dans le secteur de l’évaluation des risques couvre la chaîne alimentaire dans sa globalité, « du champ à l’assiette ».  Elle œuvre dans tous les domaines associés à la sécurité des aliments destinés à l’alimentation humaine et animale, à la santé et au bien-être des animaux, à la nutrition, ainsi qu’à la protection et la santé des plantes.

La production mondiale à la loupe

Selon la FAO, la production mondiale totale de poissons, de crustacés et de mollusques continue à augmenter et a atteint 140 millions de tonnes en 2007. La production issue des captures sauvages se stabilise à environ 90 millions de tonnes (Mt) depuis 2001. La production de l’aquaculture par contre, suivie une croissance de 6,5 % chaque année. Elle est passée de 36,8 Mt en 2002 à 50,3 Mt en 2007 (pour une valeur de USD 87 milliards).

Au classement des grands pays de pêche, la Chine et le Pérou occupent les deux premières places depuis 1999. En 2007, l’Indonésie a remplacé les États-Unis d'Amérique à la troisième position.

La Namibie renforce son potentiel d’analyses

La Namibie est un important exportateur de poissons et de produits de la pêche. L'industrie de l’aquaculture y est en expansion. Le Bureau Namibien de Normalisation (NSI) est, par délégation du Ministry of Trade and Industry, l'Autorité Compétente officielle chargé de l’inspection des produits de la Pêche.

En novembre 2009, lors de la mission effectuée par John R.Cox, dépêché par le Programme, la plupart des échantillons ont été  envoyés en Afrique du Sud pour la réalisation d’analyses de laboratoire (pesticides, PCB, dioxines, métaux lourds…).

Des résultats concrets pour les missions sur les Îles de Sainte Hélène et de Tristan da Cunha

Perdues dans l’Atlantique Sud et séparées par des milliers de kilomètres d’eau, les îles de Sainte Hélène et de Tristan da Cunha composent, avec l’île de l’Ascension, un territoire outre-mer du Royaume-Uni unique. Situation oblige, toutes deux ont développé des activités halieutiques. Les opérateurs et l’administration de Sainte Hélène souhaitaient pouvoir continuer à exporter vers l’Union Européenne, et ceux de Tristan da Cunha voulaient accéder à ce nouveau marché.

Pour les aider, le Dr <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" />Ian Goulding a effectué des travaux en août et septembre 2009 dans le cadre de l’appui du Programme aux organismes d’inspection,  afin de créer et de développer les structures des Autorités Compétentes pour veiller aux conditions de sécurité des aliments.<?xml

UE-CAE : vers un accord commercial APE ?

La Commission européenne (CE) fait de plus en plus pression sur la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) pour qu’elle signe, avec l’UE, un accord de libre-échange appelé «accord de partenariat économique» (APE).

Développer la pêche artisanale

Interview: Malcolm Dickson, consultant

SFP info : Pour commencer, pourriez-vous expliquer en quoi consiste, d’une manière générale, votre contribution aux activités du programme SFP dans le secteur de la pêche artisanale?